Bloc Opératoire

Premier passage au bloc

Et oui pour mon deuxième stage en P2, je suis rentré dans un bloc opératoire.
Lundi j’avais fait le tour du service de traumatologie au 5ème étage de l’hôpital Salengro. C’était bien mais à part voir des radios et IRM, rien de très intéressant même si c’est impressionnant de voir des patients avec des dizaine de broches qui sortent de la jambe et qui doivent rester comme cela en traction pendant 3 mois.

Aujourd’hui c’était bien mieux. Pourtant ce matin à 10 heure ça ne s’annonçait pas terrible. Une demi heure pour faire tamponner sa feuille de présence, des secrétaires qui ne savaient pas où on devait aller et que faire de nous… Une organisation en tous points fidèle à la fac!
Mais quand un médecin sympa nous a vus moi et mon groupe de stage (enfin une partie du groupe), ça a changé!
Il nous a tout de suite proposé d’aller en bloc opératoire. Et on n’allait pas se gêner! Le « blocop », un mythe, un temple, un rêve pour la plupart des étudiants en médecine.
Je vais vous raconter un peu l’envers du décor. Un vestiaire : c’est parti pour s’équiper : blouse, bonnet, masque, surchaussure. On franchit la deuxième porte et on arrive dans un couloir avec plusieurs salles pour les infirmiers, le matériel etc… puis un peu plus loin, des autres portes, automatiques, cette fois. Ce sont les accès aux blocs, il doit y en avoir 5 ou 6. Ca fait très High Tech comme ambiance. Dans le couloir des gens passent à vitesse grand V pour amener le matériel manquant.
Première porte automatique et on arrive dans un SAS, de lavage bien sûr. On franchit la deuxième porte automatique pour rentrer enfin dans l’antre. Je m’attend à une odeur nauséabonde du sang. Mais non rien de cela. A la place de la musique que la chirurgien a choisi. Il y a 1 interne un chirurgien, 2 infirmiers de bloc un radiologue et un anesthésiste en plus de nous 4.
C’est une opération du col du fémur. On ne pose pas une prothèse de hanche mais une vis pour renforcer et replacer le col. Pour cela, une petit incision de 2 cm de haut est réalisé à la partie haute de la jambe. L’opération est suivie en permanence sur un écran de radiologie pour voir où passent les outils. Et quels outils! En traumatologie, ça n’est pas la même technique qu’en cardiologie. Ici on y va avec des perceuse avec des forets de 50cm de long, des marteaux etc… La perceuse fonctionne mal, rien de grave une autre arrive dans la minute!
Pendant ce temps le Prof nous montrent les radios, explique les gestes mais contrairement à ce qu’on pourrait croire ca rigole dur. Blagues salaces et humour noir sont de mise même si on ressent à certains moments une grande concentration.

Nous passons dans le bloc d’en face. Ici c’est une opération des ligaments croisés du genoux. Le but est de reconstituer le ligament croisé antérieur à partir du ligament tibien (ou rotulien si vous préférez). Tout cela nous est merveilleusement bien expliqué par le chirurgien. Il passe ensuite à l’acte en pratiquant l’incision qui est un peu plus grande que toute à l’heure. On découvre alors le ligament rotulien qui servira de greffon. Ca ne ressemble pas beaucoup à ce qu’on a vu en anatomie et c’est bien là l’intérêt.

Notre médecin sympa est appelé dans un autre service. Il doit opérer une nécrose de peau dûe à un accident de moto.
Petite digression : environ un patient sur 2 dans ce service de traumato arrivent suite à un accident de moto ou de scooter. Il n’arrête pas de dire de ne jamais toucher à ces engins de mort. Voilà qui me fait réfléchir alors que je veux passer mon permis moto.

Nous nous en allons donc et nous déséquipons pour aller dans un autre bloc à un autre étage. Et là nous devons une nouvelle fois nous équiper. Nous rentrons dans le bloc et la jambe du bonhomme n’est pas bien belle à voir. Une belle nécrose sur 10 x 15 cm plus les autres petites plaies sans compter une fracture ouverte de tibia perroné. En revanche aucune indication sur l’état neurologique. Le chirurgien enlève donc toute la peau nécrosée. Alors qu’il incise, le patient commence à se réveiller, ses jambes bougent d’abord puis tout son corps. Aussitôt le chirurgien arrête et l’anesthésiste injecte une plus grosse dose d’anesthésiant. Tout redevient calme en 2 minutes.
Enfin le chirurgien nettoie et fait le pansement. Néanmoins, ce patient devra repasser sur le billard pour une greffe de peau.

Alors que tout le monde se plaint des stages en P2, je trouve que celui-ci est tout bonnement génial. Espérons que les prochains seront de la même veine!

Mdkart

Interne en anesthésie réanimation à Lille, je présente sur ce blog des tranches de ma vie et mes passions : voitures sportives et moto, photo, nouvelle vague Jazz-Blues (Katie Melua, Fredrika Stahl, Melody Gardot, Nikki Yanofsky...) et autres musiques... Pour toute information, n'hésitez pas à me contacter

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2 réponses à “Premier passage au bloc

    1. Oui, vraiment super ^^. Avant ça j’étais pas trop intéressé par la chirurgie mais là :p !
      Je suis sûr que tu auras aussi de bons stages pour aller au bloc. Et puis il suffit de demander si tu vois que le responsable a l’air sympa.

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